Jours ouvrables, jours ouvrés, temps partiel, samedi, dimanche, jours fériés, maladie… Le décompte des congés payés peut rapidement devenir source d’erreurs.
Un salarié qui ne travaille habituellement pas le samedi peut ainsi se voir décompter un samedi. De même, un salarié à temps partiel peut se voir décompter des jours pendant lesquels il ne travaille normalement pas.
Comment déterminer le premier et le dernier jour de congé ? Faut-il compter le samedi ? Que se passe-t-il lorsqu’un jour férié tombe pendant les vacances ? Les règles sont détaillées ci-dessous.
À retenir : en décompte en jours ouvrables, on commence par identifier le premier jour où le salarié aurait dû travailler. À compter de ce jour, tous les jours ouvrables sont décomptés jusqu’à la reprise du travail, y compris certains jours habituellement non travaillés par le salarié.
1. Combien de jours de congés payés un salarié acquiert-il ?
En principe, un salarié acquiert 2,5 jours ouvrables de congés payés par mois de travail effectif chez le même employeur, dans la limite de 30 jours ouvrables, soit cinq semaines pour une année complète. Cette règle concerne aussi bien les salariés à temps plein que ceux à temps partiel.
Lorsque le nombre de jours acquis n’est pas entier, il est arrondi au nombre entier immédiatement supérieur.
Jours ouvrables ou jours ouvrés : quelle différence ?
C’est la première notion à maîtriser.
| Jours ouvrables | Jours ouvrés | |
|---|---|---|
| Définition | Jours pouvant légalement être travaillés | Jours effectivement travaillés dans l’entreprise |
| Cas habituel | Lundi au samedi | Lundi au vendredi |
| Nombre pour une semaine complète | 6 jours | Généralement 5 jours |
| Droit annuel correspondant | 30 jours | Généralement 25 jours |
| Dimanche | Non compté | Non compté dans le schéma classique |
Le Code du travail raisonne en jours ouvrables. L’employeur peut néanmoins retenir un calcul en jours ouvrés à condition que celui-ci garantisse au salarié des droits au moins équivalents.
Dans la suite de cet article, nos exemples sont établis en jours ouvrables.
2. Comment décompter concrètement les congés payés ?
La méthode peut être résumée en deux étapes.
Étape 1 – Identifier le premier jour de congé
Le premier jour décompté est le premier jour où le salarié aurait dû travailler s’il n’était pas parti en congé.
C’est une précision essentielle.
Un jour habituellement non travaillé situé avant ce premier jour n’est donc pas automatiquement décompté.
Étape 2 – Décompter jusqu’à la reprise du travail
Une fois le premier jour de congé identifié, on décompte tous les jours ouvrables compris jusqu’à la reprise effective du salarié.
Cela signifie que certains jours où le salarié ne travaille habituellement pas peuvent être décomptés.
Exemple classique : le vendredi et le samedi
Un salarié travaille du lundi au vendredi.
Il pose son vendredi et reprend le travail le lundi suivant.
| Jour | Vendredi | Samedi | Dimanche | Lundi |
|---|---|---|---|---|
| Situation | CP | Repos habituel | Repos hebdomadaire | Reprise |
| Décompte | 1 | 2 | ❌ | — |
➡️ 2 jours ouvrables de congés payés sont décomptés : vendredi + samedi.
Le fait que le salarié ne travaille normalement pas le samedi ne change pas le résultat : le samedi est un jour ouvrable compris entre le début du congé et la reprise. C’est précisément l’exemple confirmé par Service-Public.
3. Le samedi doit-il être décompté ?
Oui, en principe, dans un décompte en jours ouvrables.
C’est probablement l’une des principales sources d’incompréhension.
Le salarié peut travailler uniquement du lundi au vendredi, mais le samedi demeure généralement un jour ouvrable.
Par conséquent, lorsqu’il est compris entre le premier jour de congé et la reprise, il peut être décompté.
Erreur fréquente : « Mon salarié ne travaille jamais le samedi, donc je ne dois jamais lui décompter le samedi. »
❌ Faux en cas de décompte en jours ouvrables.
4. Le dimanche est-il décompté ?
En principe, non, lorsque le dimanche constitue le jour de repos hebdomadaire.
Un jour ouvrable correspond en effet à un jour pouvant légalement être travaillé, à l’exclusion du jour de repos hebdomadaire — généralement le dimanche — et des jours fériés habituellement chômés.
Attention toutefois à ne pas transformer la règle en « le dimanche n’est jamais compté » sans réserve : juridiquement, il est plus exact de raisonner par rapport au jour de repos hebdomadaire et à l’organisation de l’entreprise.
5. Cas particulier : salarié travaillant le vendredi, samedi et dimanche
Prenons un salarié dont le planning habituel est :
Vendredi – Samedi – Dimanche
Exemple 1 : absence uniquement le vendredi
Le salarié devait travailler vendredi. Il prend son vendredi en congé et reprend samedi.
| Vendredi | Samedi |
|---|---|
| 🔴 Congé (1) | 🟢 Reprise |
➡️ 1 jour ouvrable de CP décompté.
La reprise intervient dès le samedi : aucun autre jour n’est à décompter.
Exemple 2 : attention au premier jour où le salarié aurait dû travailler
Supposons maintenant que le salarié ne travaille habituellement pas du lundi au jeudi.
Il ne faut pas automatiquement décompter lundi, mardi, mercredi et jeudi au seul motif qu’ils sont ouvrables.
Il faut d’abord identifier le premier jour où le salarié aurait dû travailler. C’est seulement à partir de celui-ci que commence le décompte.
Cette règle du premier jour théoriquement travaillé est fondamentale et évite de sur-décompter les congés.
6. Temps partiel : comment décompter les congés payés ?
Un salarié à temps partiel bénéficie de la même durée de congés payés qu’un salarié à temps plein : 2,5 jours ouvrables par mois de travail effectif, soit jusqu’à 30 jours ouvrables pour une année complète.
Le nombre de jours de congés n’est donc pas proratisé en fonction de son temps de travail.
C’est au moment de la prise des congés que son planning devient déterminant.
Exemple : salarié travaillant lundi, mardi, jeudi et vendredi
Le salarié ne travaille habituellement pas le mercredi, samedi et dimanche.
Il prend son lundi et son mardi et reprend le jeudi.
| Jour | Lundi | Mardi | Mercredi | Jeudi |
|---|---|---|---|---|
| Planning | Travaillé | Travaillé | Non travaillé | Travaillé |
| Situation | 🔴 CP | 🟡 CP | 🟡 Non travaillé mais décompté | 🟢 Reprise |
| CP décomptés | 1 | 2 | 3 | — |
➡️ 3 jours ouvrables sont décomptés.
Le mercredi est décompté alors même que le salarié ne travaille habituellement pas ce jour-là. C’est l’exemple expressément donné par Service-Public.
Et si le salarié prend jeudi et vendredi ?
Même raisonnement :
| Jeudi | Vendredi | Samedi | Dimanche | Lundi |
|---|---|---|---|---|
| 🔴 CP (1) | 🟡 CP (2) | 🟡 CP (3) | ❌ | 🟢 Reprise |
➡️ 3 jours ouvrables sont décomptés, y compris le samedi.
À retenir pour le temps partiel : les congés payés ne sont pas décomptés uniquement sur les jours habituellement travaillés par le salarié.
7. Que se passe-t-il lorsqu’un jour férié tombe pendant les congés ?
Il faut déterminer si le jour férié est habituellement chômé ou travaillé dans l’entreprise.
Jour férié habituellement chômé
Il n’est pas décompté comme un jour de congé payé.
Jour férié habituellement travaillé
Il est, en principe, décompté lorsqu’il se situe dans la période de congé.
Exemple : 14 juillet 2026
Un salarié prend une semaine de congés du lundi 13 au samedi 18 juillet 2026. Le 14 juillet est habituellement chômé dans l’entreprise.
| Lun. 13 | Mar. 14 | Mer. 15 | Jeu. 16 | Ven. 17 | Sam. 18 | Dim. 19 |
|---|---|---|---|---|---|---|
| CP (1) | 🇫🇷 Férié chômé | CP (2) | CP (3) | CP (4) | CP (5) | ❌ |
| Compté | Non compté | Compté | Compté | Compté | Compté | Non compté |
➡️ 5 jours ouvrables de CP seulement sont décomptés, au lieu de 6.
En revanche, si le 14 juillet est habituellement travaillé dans l’entreprise, il est compté : la semaine représente alors 6 jours ouvrables de CP.
8. Un salarié peut-il choisir librement ses dates de congés ?
Non.
Les dates et l’ordre des départs sont déterminés selon les dispositions conventionnelles applicables ou, à défaut, par l’employeur selon les règles prévues par le Code du travail.
Un accord d’entreprise ou d’établissement ou, à défaut, la convention ou l’accord de branche peut notamment déterminer la période de prise des congés, l’ordre des départs et les délais de modification des dates.
L’employeur peut donc refuser les dates demandées par le salarié et lui proposer une autre période, sous réserve du respect des règles applicables. Il peut également imposer des congés dans certaines situations, notamment lors d’une fermeture temporaire de l’entreprise.
9. Combien de jours le salarié peut-il prendre en une seule fois ?
En principe, le congé principal ne peut excéder 24 jours ouvrables consécutifs, soit quatre semaines.
Par ailleurs, lorsque le congé principal est fractionné, des jours supplémentaires de fractionnement peuvent être dus selon les conditions légales ou conventionnelles applicables.
Il convient donc de ne pas confondre :
- le nombre de jours acquis ;
- le décompte des jours pris ;
- et les règles relatives à la prise et au fractionnement des congés.
10. Et si le salarié est malade ?
Depuis la réforme entrée en vigueur en 2024, les règles relatives à la maladie et aux congés payés ont profondément évolué.
Les périodes d’arrêt maladie permettent désormais, sous les conditions prévues par le Code du travail, d’acquérir des congés payés, y compris en cas de maladie non professionnelle. Pour cette dernière, l’acquisition est notamment limitée à 2 jours ouvrables par mois, dans la limite de 24 jours ouvrables par période de référence.
Lorsqu’un salarié est dans l’impossibilité de prendre tout ou partie de ses congés acquis en raison d’une maladie ou d’un accident, il bénéficie en principe d’une période de report de 15 mois.
Le traitement d’un arrêt maladie intervenant avant ou pendant une période de congés mérite donc une analyse spécifique.
11. Tableau récapitulatif : les principales situations
| Situation | Décompte en jours ouvrables |
|---|---|
| Salarié travaille du lundi au vendredi et prend le vendredi | Vendredi + samedi si reprise lundi |
| Samedi habituellement non travaillé | Peut être décompté |
| Jour de repos hebdomadaire (généralement dimanche) | Non décompté |
| Jour non travaillé en raison du temps partiel situé pendant la période de congé | Peut être décompté |
| Jour férié habituellement chômé | Non décompté |
| Jour férié habituellement travaillé | En principe décompté |
| Salarié à temps partiel | Même droit annuel qu’un temps plein |
| Semaine complète en jours ouvrables | En principe 6 jours |
| Semaine complète en jours ouvrés | Généralement 5 jours |
| Maladie empêchant la prise des congés | Report possible selon les règles légales |
12. Les 5 erreurs à éviter pour l’employeur
1. Décompter uniquement les jours réellement travaillés.
C’est une erreur fréquente, notamment pour les salariés à temps partiel.
2. Ne jamais décompter le samedi parce que l’entreprise est fermée.
En jours ouvrables, le samedi peut parfaitement être décompté.
3. Commencer le décompte dès le premier jour « non travaillé ».
Le point de départ est le premier jour où le salarié aurait normalement dû travailler.
4. Décompter automatiquement un jour férié.
Il faut vérifier s’il est habituellement chômé ou travaillé dans l’entreprise.
5. Appliquer mécaniquement une règle sans vérifier la convention collective.
La convention collective ou un accord d’entreprise peut prévoir des dispositions particulières ou plus favorables.
En pratique : la méthode à retenir
Avant de valider une demande de congés, l’employeur doit se poser successivement quatre questions :
1. Quel est le mode de décompte appliqué par l’entreprise ?
→ Jours ouvrables ou jours ouvrés ?
2. Quel est le planning habituel du salarié ?
→ Quel est le premier jour où il aurait normalement dû travailler ?
3. Quelle est la date de reprise effective ?
→ Tous les jours ouvrables situés entre le premier jour décompté et cette reprise doivent être examinés.
4. Existe-t-il une particularité ?
→ Jour férié, temps partiel, arrêt maladie, disposition conventionnelle particulière, fermeture de l’entreprise…
À retenir
En jours ouvrables, il ne faut pas simplement compter les jours que le salarié aurait travaillés.
Le principe consiste à partir du premier jour où le salarié aurait dû travailler, puis à décompter les jours ouvrables jusqu’à sa reprise effective.
C’est pourquoi un samedi ou un jour non travaillé dans le cadre d’un temps partiel peut être décompté.
Besoin d’aide pour le décompte des congés payés de vos salariés ?
Le décompte peut devenir complexe lorsque les salariés travaillent à temps partiel, le week-end, selon des plannings variables ou lorsqu’un jour férié ou un arrêt maladie intervient pendant la période.
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Sources et références
Code du travail, notamment articles L. 3141-1 et suivants, dont l’article L. 3141-3 relatif à la durée légale des congés payés et les articles L. 3141-19-1 et suivants relatifs au report en cas de maladie.
Code du travail – Congés payés (Légifrance)
Service-Public – Congés payés du salarié du secteur privé
Service-Public – Congés payés et temps partiel
Service-Public – Jours ouvrables, jours ouvrés et jours fériés
Mise à jour : septembre 2026
