Une réduction unique, un plafond porté à 3 SMIC et une nouvelle formule de calcul
L’essentiel
Depuis le 1er janvier 2026, l’ancienne réduction générale de cotisations patronales, souvent appelée « réduction Fillon », ainsi que les taux réduits de cotisations maladie et d’allocations familiales, sont réunis dans un dispositif unique : la réduction générale dégressive unique (RGDU).
La RGDU concerne les rémunérations situées sous le seuil de 3 SMIC. Elle est maximale au niveau du SMIC, décroît progressivement lorsque la rémunération augmente et cesse de s’appliquer au seuil de 3 SMIC.
Pourquoi la réduction Fillon disparaît-elle ?
Jusqu’au 31 décembre 2025, les allègements généraux reposaient principalement sur trois mécanismes :
- la réduction générale de cotisations patronales, dégressive jusqu’à 1,6 SMIC ;
- le taux réduit de la cotisation patronale d’assurance maladie ;
- le taux réduit de la cotisation patronale d’allocations familiales.
À compter de 2026, ces trois mécanismes sont fusionnés. Les cotisations maladie et allocations familiales sont calculées aux taux de droit commun, puis leur allègement est intégré dans la RGDU lorsque le salarié y est éligible.
Avant / après : les principaux changements
| Point comparé | Jusqu’au 31 décembre 2025 | Depuis le 1er janvier 2026 |
| Dispositif | Réduction générale + taux réduits maladie et allocations familiales | Réduction générale dégressive unique (RGDU) |
| Plafond | 1,6 SMIC pour l’ancienne réduction générale | 3 SMIC pour la RGDU |
| Coefficient | Ancienne formule linéaire | Nouvelle formule avec une puissance de 1,75 |
| Allègement minimal | Aucun au-delà de 1,6 SMIC au titre de la réduction générale | Socle proche de 2 % juste en dessous de 3 SMIC |
| SMIC retenu en 2026 | Sans objet | Valeur applicable au 1er janvier 2026 |
Comment la RGDU est-elle calculée ?
Le montant de la réduction est déterminé sur l’année civile, avec une régularisation progressive ou annuelle :
RGDU = rémunération annuelle brute × coefficient C
C = Tmin + Tdelta × [½ × (3 × SMIC annuel de référence ÷ rémunération annuelle brute − 1)]^1,75
Pour 2026, les paramètres de droit commun sont les suivants :
| Effectif / FNAL | Tmin | Tdelta | Coefficient maximal |
| Moins de 50 salariés / FNAL 0,10 % | 0,0200 | 0,3781 | 0,3981 |
| 50 salariés et plus / FNAL 0,50 % | 0,0200 | 0,3821 | 0,4021 |
Quel SMIC utiliser en 2026 ?
Pour toute l’année 2026, le calcul repose sur le SMIC applicable au 1er janvier 2026, soit 12,02 € par heure et 1 823,03 € par mois pour 151,67 heures. La revalorisation du SMIC intervenue au 1er juin 2026 n’est pas retenue pour le calcul de la RGDU 2026.
Le SMIC de référence doit néanmoins être adapté à la durée contractuelle, aux entrées et sorties, aux absences et, le cas échéant, aux heures supplémentaires ou complémentaires.
Exemples simplifiés
Les exemples ci-dessous concernent une entreprise de moins de 50 salariés, soumise au FNAL à 0,10 %, pour un salarié à temps plein présent tout le mois. Ils illustrent un calcul mensuel par anticipation ; la régularisation définitive demeure annuelle.
Exemple 1 — Salarié rémunéré au SMIC
Salaire brut mensuel : 1 823,03 €
Coefficient maximal : 0,3981
RGDU estimée : 1 823,03 € × 0,3981 = 725,75 €
La réduction est maximale au niveau du SMIC, dans la limite des cotisations patronales effectivement éligibles.
Exemple 2 — Salaire brut mensuel de 2 500 €
SMIC mensuel de référence : 1 823,03 €
Coefficient calculé et arrondi : 0,1719
RGDU estimée : 2 500 € × 0,1719 = 429,75 €
Le coefficient diminue à mesure que le salaire s’éloigne du SMIC.
Exemple 3 — Incidence d’une majoration de nuit
Un salarié payé au SMIC effectue 20 heures entre minuit et 2 heures, ouvrant droit à une majoration conventionnelle de 10 % dans la restauration rapide.
Majoration de nuit : 20 h × 12,02 € × 10 % = 24,04 €
Rémunération brute : 1 823,03 € + 24,04 € = 1 847,07 €
SMIC RGDU : 1 823,03 € — la majoration de nuit ne l’augmente pas
Coefficient calculé et arrondi : 0,3853
RGDU estimée : 1 847,07 € × 0,3853 = 711,68 €
La majoration de nuit augmente la rémunération brute soumise à cotisations sans augmenter le SMIC de référence. Elle diminue donc légèrement la RGDU. Si l’heure de nuit est également une heure supplémentaire ou complémentaire, l’heure augmente le SMIC de référence au taux normal, mais pas à hauteur de sa majoration.
Quelles cotisations sont concernées ?
Pour une entreprise de moins de 50 salariés, le coefficient maximal de 39,81 % correspond notamment aux cotisations patronales maladie, vieillesse, allocations familiales, FNAL, solidarité autonomie, à une fraction de la cotisation AT/MP, ainsi qu’aux cotisations d’assurance chômage et de retraite complémentaire entrant dans le champ de la réduction.
La RGDU ne supprime pas toutes les charges patronales. Restent notamment dues, selon la situation de l’entreprise, les cotisations non éligibles telles que l’AGS, la formation professionnelle, la taxe d’apprentissage, le versement mobilité, la complémentaire santé, la prévoyance et la fraction d’AT/MP excédant la limite intégrée à la RGDU.
Points de vigilance pour les employeurs
-
- ne plus employer la dénomination « réduction Fillon » pour les périodes d’emploi à compter du 1er janvier 2026 ;
- vérifier le paramétrage du FNAL et de l’effectif ;
- tenir compte des entrées, sorties, absences et variations de durée contractuelle ;
- identifier correctement les heures supplémentaires et complémentaires ;
- intégrer les primes et majorations soumises à cotisations dans la rémunération ;
- surveiller les régularisations lors d’une prime importante, d’une sortie ou d’un changement de rémunération ;
- analyser séparément les exonérations spécifiques et leurs règles de cumul.
À retenir
La RGDU élargit le champ des allègements jusqu’à 3 SMIC, mais son calcul demeure annualisé et sensible aux variations de rémunération. Une hausse de salaire, une prime ou une majoration de nuit peut provoquer une diminution du coefficient et une régularisation des allègements déjà appliqués.
Les exemples présentés sont volontairement simplifiés. Chaque bulletin doit être contrôlé au regard de la rémunération cumulée, de la durée de travail, des absences, de l’effectif et des éventuels dispositifs spécifiques.
Sources
Code de la sécurité sociale, articles L. 241-13 et D. 241-7 à D. 241-9.
Décret n° 2025-887 du 4 septembre 2025 relatif aux modalités d’application de différents dispositifs de réduction et d’exonération de cotisations patronales de sécurité sociale.
Décret n° 2025-1446 du 31 décembre 2025 relatif aux modalités d’application de divers dispositifs d’exonérations de cotisations patronales de sécurité sociale.
Décret n° 2026-509 du 12 juin 2026 relatif aux modalités d’application de la RGDU.
Urssaf, « La réduction générale dégressive unique », version applicable en 2026.
