La prime de partage de la valeur (PPV), qui a remplacé l’ancienne « prime Macron », permet à l’employeur d’accorder une prime à ses salariés dans un cadre social et fiscal favorable.
Son versement reste facultatif : ni la loi ni le salarié ne peuvent obliger l’employeur à la mettre en place. En revanche, dès lors que l’entreprise décide de la verser, elle doit respecter des règles précises concernant les bénéficiaires, les critères de modulation, les formalités et le calendrier des paiements.
En 2026, une vigilance supplémentaire s’impose : même lorsqu’elle est exonérée de cotisations, la PPV est intégrée dans la rémunération utilisée pour calculer la réduction générale dégressive unique (RGDU). Le coût réel de la prime peut donc être supérieur à son montant apparent.
L’essentiel à retenir
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- L’employeur peut attribuer une ou deux PPV par année civile.
- Le plafond global d’exonération est de 3 000 € par salarié et par an, porté à 6 000 € sous certaines conditions.
- Chaque PPV peut être payée en plusieurs fois, mais au maximum une fois par trimestre.
- La prime ne peut remplacer ni un salaire, ni une augmentation, ni une prime déjà obligatoire ou devenue habituelle.
- Les salariés en CDI, CDD, contrat saisonnier, apprentissage ou contrat de professionnalisation ne peuvent pas être exclus en raison de la nature de leur contrat.
- Dans les entreprises de moins de 50 salariés, le régime renforcé d’exonération fiscale et sociale demeure applicable jusqu’au 31 décembre 2026 pour les salariés dont la rémunération est inférieure à trois Smic annuels, appréciés selon les règles légales.
- Depuis 2025, la PPV entre dans le calcul de la réduction générale, devenue RGDU en 2026.
Quelles entreprises peuvent verser une PPV ?
La prime de partage de la valeur peut être mise en place par tous les employeurs de droit privé, quel que soit leur effectif, y compris par les entreprises employant moins de 11 salariés.
Sont notamment concernés :
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- les sociétés et entreprises individuelles employant des salariés ;
- les artisans, commerçants, professions libérales et exploitants agricoles employeurs ;
- les associations, fondations, mutuelles et syndicats ;
- certains établissements publics employant du personnel de droit privé ;
- les entreprises de travail temporaire et les entreprises utilisatrices, selon des modalités particulières.
Le versement de la PPV reste facultatif, sauf lorsqu’elle est choisie par l’employeur pour satisfaire à une obligation de partage de la valeur.
Cas particulier des entreprises de 11 à 49 salariés :
Depuis le 1er janvier 2025, certaines entreprises de 11 à 49 salariés doivent mettre en place un dispositif de partage de la valeur lorsqu’elles ont réalisé, pendant trois exercices consécutifs, un bénéfice net fiscal au moins égal à 1 % de leur chiffre d’affaires.
Elles peuvent notamment remplir cette obligation en :
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- versant une PPV ;
- mettant en place un accord d’intéressement ou de participation ;
- ou versant un abondement sur un plan d’épargne salariale.
Quels salariés peuvent en bénéficier ?
La PPV doit bénéficier aux salariés liés à l’entreprise par un contrat de travail à la date retenue par l’accord ou la décision unilatérale :
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- date de versement de la prime ;
- date de dépôt de l’accord ;
- ou date de signature de la décision unilatérale de l’employeur.
Sont notamment concernés :
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- les salariés en CDI ;
- les salariés en CDD, y compris les saisonniers ;
- les salariés à temps partiel ;
- les apprentis ;
- les salariés en contrat de professionnalisation ;
- les intérimaires mis à disposition de l’entreprise utilisatrice, selon une procédure d’information spécifique de l’entreprise de travail temporaire.
Un stagiaire qui n’est pas titulaire d’un contrat de travail ne bénéficie pas de la PPV. Un dirigeant ne peut en bénéficier que s’il est également titulaire d’un véritable contrat de travail et remplit les conditions prévues par l’acte instituant la prime.
Peut-on exclure les saisonniers ou les apprentis ?
Non. L’employeur ne peut pas exclure une personne uniquement parce qu’elle est saisonnière, en CDD, apprentie, en contrat de professionnalisation ou à temps partiel.
Il est toutefois possible :
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- de réserver la prime aux salariés dont la rémunération n’excède pas un plafond fixé dans l’accord ou la décision unilatérale ;
- de moduler son montant selon les critères limitativement autorisés, notamment la durée de présence effective ou la durée de travail prévue au contrat.
Ainsi, un salarié saisonnier peut percevoir une PPV moins élevée qu’un salarié présent toute l’année si la modulation liée à la présence est expressément prévue et appliquée de manière objective.
Le montant peut-il être différent selon les salariés ?
La prime peut être identique pour tous ou modulée selon un ou plusieurs des critères légaux suivants :
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- la rémunération ;
- le niveau de classification ;
- l’ancienneté dans l’entreprise ;
- la durée de présence effective pendant l’année écoulée ;
- la durée de travail prévue au contrat.
Ces critères doivent être définis précisément dans l’accord ou la décision unilatérale. L’employeur ne doit pas utiliser un critère non prévu par la loi, tel que la performance individuelle, l’atteinte d’objectifs ou la qualité du travail.
Certaines absences légalement protégées sont assimilées à du temps de présence effective et ne peuvent pas réduire la prime, notamment les congés de maternité, de paternité et d’accueil de l’enfant ou d’adoption. Il convient donc de contrôler les absences avant tout calcul au prorata.
Quels sont les plafonds d’exonération ?
Le plafond de droit commun est fixé à 3 000 € par bénéficiaire et par année civile.
Il est porté à 6 000 €, notamment lorsque :
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- une entreprise soumise à la participation dispose d’un accord d’intéressement ;
- une entreprise de moins de 50 salariés met en œuvre un accord d’intéressement ou de participation ;
- la prime est versée par certaines associations ou fondations reconnues d’utilité publique ou d’intérêt général ;
- la prime est versée, dans les conditions légales, par un ESAT.
L’employeur peut verser un montant supérieur, mais la fraction dépassant le plafond applicable perd le bénéfice des exonérations et est traitée comme une rémunération ordinaire.
Attention : lorsqu’une entreprise attribue deux PPV au cours de la même année, le plafond de 3 000 € ou 6 000 € s’apprécie globalement pour les deux primes. Il n’est pas doublé.
Quel régime social et fiscal en 2026 ?
Entreprise de moins de 50 salariés :
Pour une PPV versée jusqu’au 31 décembre 2026 à un salarié ayant perçu, au cours des douze mois précédant le versement, une rémunération inférieure à trois fois le Smic annuel correspondant à sa durée de travail contractuelle, la prime est, dans la limite applicable :
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- exonérée de cotisations sociales patronales et salariales ;
- exonérée de CSG et de CRDS ;
- exonérée d’impôt sur le revenu.
Lorsque la rémunération atteint ou dépasse le seuil de trois Smic, la PPV demeure exonérée de cotisations sociales dans la limite applicable, mais elle est en principe soumise à la CSG-CRDS et à l’impôt sur le revenu.
Entreprise de 50 salariés et plus :
La PPV est exonérée de cotisations sociales dans la limite de 3 000 € ou 6 000 €, mais elle est soumise à la CSG-CRDS et à l’impôt sur le revenu, quelle que soit la rémunération du salarié.
Le forfait social est susceptible de s’appliquer dans les entreprises d’au moins 250 salariés, selon les règles applicables à l’intéressement.
Tableau récapitulatif
| Situation en 2026 | Cotisations sociales | CSG-CRDS | Impôt sur le revenu |
|---|---|---|---|
| Entreprise de moins de 50 salariés et rémunération inférieure à 3 Smic | Exonération dans la limite applicable | Exonération | Exonération |
| Entreprise de moins de 50 salariés et rémunération au moins égale à 3 Smic | Exonération dans la limite applicable | Due | Dû |
| Entreprise de 50 salariés et plus | Exonération dans la limite applicable | Due | Dû |
Le seuil de trois Smic et les plafonds doivent être vérifiés individuellement. Le traitement peut donc différer entre deux salariés d’une même entreprise.
Comment mettre en place la PPV ?
La PPV doit être instituée :
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- soit par un accord d’entreprise ou de groupe conclu selon les modalités prévues pour l’intéressement ;
- soit par une décision unilatérale de l’employeur (DUE).
En présence d’un comité social et économique, celui-ci doit être consulté préalablement lorsque la prime est instaurée par DUE. Dans les entreprises de moins de 11 salariés, les salariés doivent être informés de la décision par tout moyen.
L’acte doit notamment préciser :
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- le montant de la prime ou sa formule de calcul ;
- les bénéficiaires et la date d’appréciation de leur présence ;
- l’éventuel plafond de rémunération conditionnant l’éligibilité ;
- les critères de modulation ;
- les dates et modalités de versement ;
- le cas échéant, l’attribution d’une première ou d’une seconde PPV au titre de l’année.
Une simple mention sur le bulletin de paie ne suffit pas à sécuriser le régime d’exonération.
Peut-on verser la PPV tous les mois ?
Non. Une PPV peut être fractionnée, mais elle ne peut donner lieu qu’à un versement par trimestre.
Par exemple, une PPV de 300 € peut être payée en quatre échéances trimestrielles de 75 € :
| Échéance | Montant | Conforme ? |
|---|---|---|
| Mars | 75 € | Oui |
| Juin | 75 € | Oui |
| Septembre | 75 € | Oui |
| Décembre | 75 € | Oui |
En revanche, prévoir quatre versements de 75 € en juin, juillet, août et septembre n’est pas conforme pour une même PPV : juillet, août et septembre appartiennent au même trimestre.
Deux PPV distinctes peuvent être attribuées dans l’année. Chacune doit faire l’objet de son propre accord ou de sa propre décision unilatérale et peut avoir ses propres règles. Deux versements peuvent alors intervenir au cours d’un même trimestre, à condition d’être rattachés chacun à une PPV différente. Cette possibilité ne permet toutefois pas d’organiser trois versements de PPV au cours du même trimestre.
Que se passe-t-il si le salarié quitte l’entreprise avant une échéance ?
Lorsque le salarié remplissait la condition de présence à la date retenue par l’acte instituant la prime, son départ ultérieur ne permet pas, à lui seul, de supprimer les échéances restant à verser. Le salarié conserve en principe le bénéfice de l’intégralité de la PPV qui lui a été attribuée.
Ce point doit être anticipé lorsque l’entreprise emploie des saisonniers ou des salariés en CDD et souhaite fractionner le paiement.
La PPV peut-elle remplacer une prime ou une augmentation ?
Non. La PPV ne peut se substituer :
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- à un élément de salaire ;
- à une augmentation de rémunération ;
- à une prime prévue par le contrat de travail ou la convention collective ;
- à une prime résultant d’un accord salarial ;
- à une prime devenue obligatoire par usage, telle qu’une prime de Noël versée régulièrement selon des règles constantes.
Une PPV répétée chaque année n’est pas automatiquement interdite. Toutefois, elle doit conserver son autonomie et ne pas servir à remplacer un élément de rémunération obligatoire ou une augmentation qui aurait normalement dû être accordée.
Quel impact sur la RGDU en 2026 ?
Depuis 2025, la PPV est prise en compte dans le calcul de la réduction générale. Cette règle se poursuit en 2026 dans le cadre de la réduction générale dégressive unique (RGDU).
La PPV est ajoutée à la rémunération servant :
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- à vérifier si le salarié se situe sous le plafond d’éligibilité à la RGDU ;
- à déterminer le coefficient de réduction ;
- à calculer le montant final de la réduction.
Elle est prise en compte qu’elle soit versée directement au salarié ou affectée à un plan d’épargne.
Exemple simplifié :
Un salarié perçoit une rémunération proche du Smic et une PPV de 600 €.
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- La PPV peut être exonérée de cotisations sociales.
- Elle augmente néanmoins la rémunération annuelle retenue pour calculer la RGDU.
- Le coefficient de réduction peut diminuer et entraîner une régularisation de cotisations patronales.
La PPV ne doit donc pas être présentée comme ayant systématiquement un « coût employeur égal au net versé ». Une simulation de paie est recommandée, particulièrement pour les salariés ouvrant droit à une RGDU importante, les apprentis et les salariés à temps partiel.
PPV ou prime classique : que choisir ?
| Point de comparaison | PPV | Prime classique |
|---|---|---|
| Mise en place | Accord ou DUE obligatoire | Selon contrat, accord, convention ou décision de l’employeur |
| Cotisations sociales | Exonération dans les limites légales | En principe soumise |
| Impôt et CSG-CRDS | Dépend de l’effectif, de la rémunération et de l’année | En principe dus |
| Versement | Une ou deux PPV par an ; un paiement par trimestre et par PPV | Calendrier libre sous réserve des règles applicables |
| Substitution au salaire | Interdite | Sans objet |
| Incidence sur la RGDU | Oui | Oui |
Le choix doit être réalisé en tenant compte de l’objectif poursuivi, du calendrier souhaité, de la situation de chaque salarié et de l’incidence réelle sur les allègements de cotisations.
Les erreurs à éviter
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- Verser la prime avant d’avoir établi l’accord ou la DUE.
- Oublier la consultation préalable du CSE lorsqu’elle est requise.
- Exclure les CDD, saisonniers, apprentis ou temps partiels en raison de leur statut.
- Utiliser un critère de performance non autorisé.
- Réduire la prime en raison d’un congé légalement assimilé à du temps de présence.
- Fractionner une même PPV tous les mois.
- Croire que deux PPV doublent le plafond annuel d’exonération.
- Remplacer une prime contractuelle, conventionnelle ou habituelle par une PPV.
- Négliger l’incidence de la PPV sur la RGDU.
- Omettre la ligne spécifique sur le bulletin de paie et la déclaration en DSN.
Notre conseil
Avant tout versement, il convient de :
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- définir l’objectif de la prime et son budget ;
- identifier précisément les salariés éligibles ;
- vérifier le régime social et fiscal de chaque bénéficiaire ;
- choisir des critères de modulation légaux et cohérents ;
- établir l’accord ou la décision unilatérale avant le paiement ;
- contrôler le calendrier des versements ;
- simuler l’incidence sur la RGDU et le coût global employeur ;
- transmettre les éléments au gestionnaire de paie suffisamment tôt.
La PPV demeure un outil intéressant de partage de la valeur en 2026, mais son efficacité dépend d’une mise en place rigoureuse. Un versement mal calibré ou insuffisamment formalisé peut entraîner la perte des exonérations ou une régularisation d’allègements de cotisations.
Sources officielles
- Ministère du Travail, « La prime de partage de la valeur », mise à jour du 17 octobre 2025 : https://travail-emploi.gouv.fr/droit-du-travail/la-remuneration/article/la-prime-de-partage-de-la-valeur
- Ministère de l’Économie, « Prime de partage de la valeur : comment en faire bénéficier vos salariés ? », mise à jour en 2026 : https://www.economie.gouv.fr/entreprises/gerer-ses-ressources-humaines-et-ses-salaries/prime-de-partage-de-la-valeur-comment-en-faire-beneficier-vos-salaries
- Urssaf, « La réduction générale dégressive unique », mise à jour du 6 juillet 2026 : https://www.urssaf.fr/accueil/employeur/beneficier-exonerations/reduction-generale-cotisation.html
- Loi n° 2022-1158 du 16 août 2022 portant mesures d’urgence pour la protection du pouvoir d’achat, article 1er.
- Loi n° 2023-1107 du 29 novembre 2023 portant transposition de l’accord national interprofessionnel relatif au partage de la valeur au sein de l’entreprise.
Article à jour au 2 septembre 2026
